Film d’école réalisé en 2013. Voix off de Marie Le Hir. Images d’archives de Juliette De France.

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photos Schohaja

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Reportage de France 2

http://www.france2.fr/emissions/telematin/videos/coulisses_-_trente_ans_dorsay_30-11-2016_1407531?onglet=tous&page=1

Reportage de BFM-TV

http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/des-danseurs-reinterpretent-les-oeuvres-d-orsay-pour-les-30-ans-du-musee-891057.html

Reportage de France 3 Paris-Ile-d France

Article dans Le Monde

http://www.lemonde.fr/acces-restreint/scenes/article/2016/12/01/92d5dee90d6b78e9efc4b8fbd6ca9a3c_5041217_1654999.html

Claire de Colombel

Les Yeux nus

LES IMPRESSIONS NOUVELLES

Lire un extrait du livre sur le site de l’éditeur

Elle abandonne ses vêtements derrière le paravent, monte sur l’estrade, choisit une attitude et la garde. Les crayons s’agitent, tentent de capter la pose avant qu’elle ne change. Pendant cinq minutes, une demi-heure, trois heures, des dizaines de regards étudient son corps, en détaillent chaque ligne, chaque volume. Mais ce qu’elle pense et ressent, personne ne le voit.

L’immobilité est un masque derrière lequel se cache une multitude de mouvements intérieurs. Claire y est attentive, tout autant qu’aux espaces et aux gens qui l’environnent : l’estrade du modèle est un véritable poste d’observation.

Dans ce récit au regard inversé, l’auteur décrit avec minutie cette expérience singulière, celle de poser nue pour des artistes, des étudiants en école d’arts, des gens qui apprennent le dessin. Elle nous fait découvrir le quotidien d’une profession aussi notoire que méconnue. On la suit d’un atelier à l’autre et dans ses réflexions. Elle s’ouvre peu à peu à ces moments d’échanges silencieux avec les personnes qui l’entourent, tout en se questionnant sur la nature de cette relation.

L’auteure

Claire de Colombel est née en 1985, elle vit aujourd’hui à Paris. En 2009, elle est diplômée de l’École d’Arts de Cergy. Au cours de ses études, l’écriture est déjà au centre de sa pratique artistique, mais aussi le corps et la voix, qui l’amènent à explorer les champs de la performance, de la danse et du théâtre. En 2013 elle commence à poser régulièrement dans des ateliers de dessin d’après modèle vivant et l’expérience lui inspire l’écriture du récit Les yeux nus.

 

Des tableaux de nus de renom réinterprétés par des étudiants en art

« Ils posent nus pour onze euros de l’heure. Ce ne sont ni des occasionnels, ni des étudiants, mais des modèles d’art à plein temps et avant tout des précaires. Depuis 2008, ils demandent la reconnaissance de leur métier. »

Cliquer ici pour lire l’article (avec vidéo) de la journaliste Carole Dieterich.

LEMONDE.FR | 16.06.10 | 13h44

Débat> Idées> Point de vue (lien de l’article sur le site du Monde)

Pour la reconnaissance du métier de modèle

Nous sommes modèles en atelier par choix et considérons l’art de la pose comme un noble et beau métier.
Aucune école d’art ne pourrait délivrer un enseignement de qualité sans nous ; pour autant, aucune ne peut nous garantir une sécurité d’emploi. Payés comme si nous étions des s­alariés mais sans en avoir les avantages, nous courrons de lieu en lieu. Maintenus au rang de forças de l’enseignement artistique, nous recueillons pourtant au quotidien le respect et le soutien des enseignants et des élèves et leur indignation de nous voir si mal traités.
Les médias, et en premier le journal Le Monde daté du 16 décembre 2008, se sont fait l’écho de nos actions et de nos revendications salariales et de statut. Mais force est de constater que depuis l’hiver 2008, pour l’essentiel, rien n’a bougé. Ni du côté de la Ville de Paris, ni du côté de l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris (ENSBA), ni ailleurs. De concert, les responsables interpellés se sont opportunément repliés sur l’autorité du ministère de la culture pour traiter de la question du statut, et arguent de l’absence de moyens budgétaires alloués par le même ministère pour écarter toute réévaluation notable de nos salaires.
Pourtant nos demandes sont simples et fondées : accorder au modèle la qualité d’assistant d’enseignement et le rémunérer en conséquence, définir un statut qui corresponde à la spécificité de cette activité : elle nécessite, pour en vivre, d’avoir plusieurs employeurs pour atteindre un nombre conséquent d’heures de travail, chaque structure d’état, municipale ou associative, s’attachant par ailleurs un volant de modèles, plus ou moins permanents pour garantir une nécessaire rotation dans ses ateliers.

REMÉDIER À UNE INDIGNE PRÉCARITÉ

Après plusieurs demandes infructueuses, par voie de tracts et de courriers, nous serions heureux que Monsieur Frédéric Mitterrand se saisisse enfin de ce dossier pour ouvrir des discussions que ses services avaient jugées nécessaires, dès juin 2009.
Nous ne sommes plus au temps des glorieuses académies des XVIIIe et XIXe siècles et les ateliers ne croulent pas sous la poussière des temps anciens. Nous sommes au XXIe siècle, l’art contemporain a fait sa mue et retourne pour partie vers le figuratif. La 3D (ou toute autre brillante invention technologique) ne se substituera jamais à la pertinence reconnue et heureusement inégalée de l’apprentissage artistique d’après modèle vivant. La force du modèle se tient là, entre tradition et modernité, tissant un fil d’Ariane à travers toute l’histoire de l’Art.
Ne pourrait-on pas accorder au modèle la dignité d’un statut en phase avec son utilité et sa réalité, loin de l’image d’Epinal de la muse ? Et le rémunérer décemment ? Ne serait-ce que pour honorer la force et la noblesse de cet art ? Pour le ministère de la culture, un geste symbolique en écho à son cinquantième anniversaire. Pour les modèles, les moyens de remédier à une indigne précarité de fait.

Patrick Berton, Collectif des modèles de l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts (CoMBA) et Fabienne Gillmann, Association des modèles d’art de France.

Un reportage sur le modèle (en atelier)  diffusé mercredi 24 mars 2010, à 15h15 sur France 2, dans l’émission « Comment ça va bien ? » de Stéphane Bern (Rubrique Le Quotidien)

Voir la vidéo en cliquant ici