Un corps sacrifié : celui des modèles

11 mars 2009

Les modèles n’ont pas de corps…

Entendez par là : pas de statut au sein de l’institution qui les emploie, l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts, dépendant du Ministère de la culture. Ils sont vacataires, c’est à dire employés au coup par coup sur des heures mensuelles réduites et éparses, les obligeant à multiplier les déplacements d’un lieu à l’autre pour parvenir à joindre les deux bouts, avec des revenus instables, et une protection sociale minime.

… ils n’ont pas non plus de tête ? !

C’est du moins ce que reflète le déni du métier de modèle dans le traitement qui leur est concédé : un traitement de misère, à peine supérieur à 10 euros nets de l’heure ; pas de statut ; pas de contrat à proprement parler ; des conditions de travail souvent insalubres. Or, poser ce n’est pas seulement exposer son corps nu, c’est aussi participer avec les enseignants et les artistes à la création, en proposant des poses, interagir avec l’atelier, être à même d’écouter, de comprendre une intention artistique, de gérer physiquement et psychologiquement la séance.

Leur prêtera-t-on une oreille ? ?

Depuis octobre la mobilisation des modèles se poursuit donc, des ateliers de la ville de Paris aux Beaux-arts, demandant :

● Le doublement du taux horaire

● La mise en place d’une charte reconnaissant le métier de modèle au sens plein du terme.

Mardi 20 janvier la direction de l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts a consenti à recevoir une délégation des modèles du collectif CoMBA accompagnée de représentants de SUD-Culture Solidaires.

Or, si l’administration entend les revendications concernant le cadre de travail – qui devraient se régler par le biais du CHS -, lorsqu’il s’agit de débourser une paie décente, les arguments qui plaident en faveur de la reconnaissance des compétences des modèles sont écartés sous les prétextes suivants :
. La représentation du corps humain aurait une place réduite dans les formes contemporaines de l’art, d’où de moindres besoins – quid de la représentation du corps humain dans des formes numériques ou autres, de son aspect éminemment formateur pour le regard et la technique, de la place de l’humain y compris hors-champ… ?
. L’école n’aurait pas de marge de manoeuvre pour augmenter le taux horaire des modèles.

La gestion des non-titulaires et leur rémunération vont être discutés lors d’un CTP ministériel qui doit bientôt avoir lieu : la direction de l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts se saisira-t-elle de cette occasion pour revaloriser le taux de rémunération des modèles et l’amener au niveau qui sied aux compétences qu’il implique ? C’est que nous saurons peut-être le 5 mars, puisque l’administration, comme elle s’y était engagée, reçoit de nouveau sur ce dossier une délégation de modèles et de représentants du syndicat SUD-Culture Solidaires.

SUD-Culture Solidaires

Lundi 2 mars 2009

[Le tract en pdf]

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