Vers une prise en compte globale de la réalité du métier de modèle ?

La première rencontre entre l’administration de l’ENSBA et la délégation des modèles du collectif CoMBA accompagnée de représentants de SUD-Culture, le 20 janvier dernier, avait apporté de bien maigres conclusions : une première prise de contact et, devant l’absence affichée de marge de manoeuvre sur le taux de rémunération des vacataires, la décision de dresser un état des lieux des différentes pratiques au sein des établissements relevant, comme l’ENSBA, du Ministère de la culture.

En effet, si l’on ébauche un classement des rémunérations des modèles selon les types d’établissements, le haut du pavé est tenu par le privé avec des rémunérations approchant parfois le doublement demandé (pour mémoire : 27 euros bruts de l’heure), les collectivités territoriales apportant des rémunérations parfois légèrement supérieures au taux pratiqué aux Beaux-arts, et l’Etat étant le plus mauvais payeur : pratiquant autour de 13 euros bruts, pour un nombre d’heures réduit, les écoles les plus prestigieuses et paradoxalement les plus représentatives d’une certaine image de l’art, telles l’ENSBA ou l’ENSAD, se trouvent à la traine.

Un tel taux est dévalorisant au regard du public – pas seulement pour l’école qui le verse, mais aussi pour les élèves qui suivent les cours, et les enseignants qu’assistent les modèles.

Des portes s’entrouvraient, lors de la réunion du 5 mars à l’ENSBA…

– Début mars, une réunion au Ministère de la culture incluant l’ENSBA, l’ENSAD et la Ville de Paris, devait permettre de plancher sur la gestion des modèles. C’est en effet à ce niveau que peuvent se débattre, d’une part la revalorisation de la grille globale des rémunérations, et d’autre part, l’aspect statutaire et reconnaissance du métier. Hélas, à l’issue de cette réunion, on ne semble pas avoir avancé sur la voie d’une pratique unifiée et intégrant les revendications des modèles…

– L’administration de l’ENSBA admet que les 13,31 bruts (congés payés inclus) accordés aux modèles sont loin de représenter un taux idéal. Si les taux sont encadrés par le Ministère, en revanche, une certaine autonomie existe quant aux modes de valorisation des heures (par exemple par la prise en compte des contraintes du travail en soirée, déjà appliquée)…

-> Quid des contraintes (précarité, pénibilité, adaptabilité dans la créativité…) qui pèsent à tout moment de la journée sur les modèles ?

… Cependant, dans un pas de tango, la direction des Beaux-arts a remis à plus tard le rendez-vous qu’elle semblait auparavant pressée d’accorder à la délégation des modèles.

CoMBA* – SUD-Culture Solidaires, section ENSBA
23 mars 2009

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Manif du 19 mars 2009

28 mars 2009

… Quelques images saisies en vol par le portable de Myriam – en panne d’appareil photo.

Manif du 19 mars 2009 - ph. Myriam Toledano

Manif du 19 mars 2009 - ph. Myriam T.

Sourires...Manif du 19 mars 2009 - ph. Myriam Toledano

Sourires...Manif du 19 mars 2009 - ph. Myriam T.

... débats... Manif du 19 mars 2009 - ph. Myriam Toledano

... débats... Manif du 19 mars 2009 - ph. Myriam T.

Les filles... du calvaire ! Manif du 19 mars 2009 - ph. Myriam Toledano

Les filles... du calvaire ! Manif du 19 mars 2009 - ph. Myriam T.

Les modèles n’ont pas de corps…

Entendez par là : pas de statut au sein de l’institution qui les emploie, l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts, dépendant du Ministère de la culture. Ils sont vacataires, c’est à dire employés au coup par coup sur des heures mensuelles réduites et éparses, les obligeant à multiplier les déplacements d’un lieu à l’autre pour parvenir à joindre les deux bouts, avec des revenus instables, et une protection sociale minime.

… ils n’ont pas non plus de tête ? !

C’est du moins ce que reflète le déni du métier de modèle dans le traitement qui leur est concédé : un traitement de misère, à peine supérieur à 10 euros nets de l’heure ; pas de statut ; pas de contrat à proprement parler ; des conditions de travail souvent insalubres. Or, poser ce n’est pas seulement exposer son corps nu, c’est aussi participer avec les enseignants et les artistes à la création, en proposant des poses, interagir avec l’atelier, être à même d’écouter, de comprendre une intention artistique, de gérer physiquement et psychologiquement la séance.

Leur prêtera-t-on une oreille ? ?

Depuis octobre la mobilisation des modèles se poursuit donc, des ateliers de la ville de Paris aux Beaux-arts, demandant :

● Le doublement du taux horaire

● La mise en place d’une charte reconnaissant le métier de modèle au sens plein du terme.

Mardi 20 janvier la direction de l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts a consenti à recevoir une délégation des modèles du collectif CoMBA accompagnée de représentants de SUD-Culture Solidaires.

Or, si l’administration entend les revendications concernant le cadre de travail – qui devraient se régler par le biais du CHS -, lorsqu’il s’agit de débourser une paie décente, les arguments qui plaident en faveur de la reconnaissance des compétences des modèles sont écartés sous les prétextes suivants :
. La représentation du corps humain aurait une place réduite dans les formes contemporaines de l’art, d’où de moindres besoins – quid de la représentation du corps humain dans des formes numériques ou autres, de son aspect éminemment formateur pour le regard et la technique, de la place de l’humain y compris hors-champ… ?
. L’école n’aurait pas de marge de manoeuvre pour augmenter le taux horaire des modèles.

La gestion des non-titulaires et leur rémunération vont être discutés lors d’un CTP ministériel qui doit bientôt avoir lieu : la direction de l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts se saisira-t-elle de cette occasion pour revaloriser le taux de rémunération des modèles et l’amener au niveau qui sied aux compétences qu’il implique ? C’est que nous saurons peut-être le 5 mars, puisque l’administration, comme elle s’y était engagée, reçoit de nouveau sur ce dossier une délégation de modèles et de représentants du syndicat SUD-Culture Solidaires.

SUD-Culture Solidaires

Lundi 2 mars 2009

[Le tract en pdf]

CoMBA, le Collectif des modèles des Beaux-Arts organise le
3ème happening participatif « 15+ou-1 »

Samedi 14 mars 2009, de 13h30 à 14h30
Place St-Germain-des-Prés, Paris 6ème

« Hors cadre »

Venez dessiner sur vos blocs les modèles, qui poseront habillés, en participant au premier atelier à ciel ouvert…

…pour soutenir les modèles dans la reconnaissance de leur métier.

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Quelques images

Happening "Hors cadre" du 14 mars 2009

Happening "Hors cadre" du 14 mars 2009

Happening "Hors cadre" du 14 mars 2009

Happening "Hors cadre" du 14 mars 2009

Happening "Hors cadre" du 14 mars 2009

Happening "Hors cadre" du 14 mars 2009