Le métier de modèle d’arts plastiques, texte de Fabienne Gillmann

12 février 2009

Manuel destiné aux curieux, aux ignorants, aux sympathisants et accessoirement à tous ceux qui prennent le modèle pour une potiche !

> Texte complet au format pdf (13p., 446 Ko)

Je suis modèle d’arts plastiques. J’ai 37 ans. Je pose depuis une dizaine d’années. Et depuis 1997, aux Ateliers Beaux-Arts de la Ville de Paris.

J’ai d’abord posé de façon occasionnelle. Puis c’est devenu une passion, mon métier, ma principale source de revenus.

En dehors des vacances scolaires et du mois de septembre, je pose, en moyenne, l’équivalent de cinq matinées et cinq après-midi par semaine, avec en plus, par jour, de trois à cinq heures de transport. Les Ateliers Beaux-Arts de la Ville de Paris est l’employeur qui me donne le plus de poses.

Aucune autre profession ne m’attire ni ne me semble suffisamment digne d’intérêt. Je veux continuer à gagner ma vie en posant. Je m’imagine volontiers continuer à poser à 40 ans, 50 ans, 60 ans. La maturité des modèles est belle et il manque de modèles âgés.

J’ai BAC plus 5 : un DEA de Lettres Modernes. Je n’ai donc pas rien dans la tête : chez notre public, les clichés sont tenaces et beaucoup s’imaginent que le modèle n’a pas de cerveau. Ils sont étonnés de découvrir que beaucoup de modèles sont diplômés, et même parfois plus qu’eux. (Dommage que la fiche de salaire n’en tienne pas compte.) La question des diplômes n’a cependant pas grand sens, elle n’est qu’un pied de nez aux préjugés. Avec ou sans diplômes, le bon modèle sait poser.

Pendant mes études, je croyais vouloir ensuite travailler dans l’édition. J’ai mis un terme à mes multiples stages en maisons d’édition et j’ai choisi de travailler sérieusement en tant que modèle. Cette voie est donc mon désir.

J’ai travaillé en parallèle comme biographe ces dernières années (maigre source de revenus).

Je suis aussi de l’autre côté, au pied de l’estrade, puisque je dessine et peins des modèles. J’ai réalisé ma première exposition, personnelle, en octobre 2007. Travailler d’après modèle me passionne. L’être humain est un univers fascinant, une aventure sans fin, sur lequel il y a encore beaucoup à dire picturalement, plastiquement. Mon travail de dessinateur/peintre nourrit mon travail de modèle, et réciproquement.

J’ai entassé les notes, les réflexions, sur mon expérience de modèle. Je voulais en écrire un texte pour montrer la richesse de cette univers. La méconnaissance de ce métier me semble toujours abyssale. J’ai mis des années à oser lutter contre les préjugés sur le modèle : à revendiquer cette activité comme un métier et comme un art.

Voici un texte qui est ma conception du métier de modèle. Cette description, cette synthèse, est notamment destinée à ceux qui ne connaissent pas le monde des ateliers, à ceux qui sont dépourvus d’apriori, ou bien pétris de clichés, rabaissant cette activité à un « job d’étudiant » ou à un « job de retraité », comme de nombreuses personnes à la Direction administrative des Ateliers Beaux-Arts de la Ville de Paris.

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