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	<title>CoMBA, collectif des modèles de l'Ecole nationale supérieure des beaux-arts (Paris)</title>
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		<title>Eloge funèbre de Patrice Giuge, peintre, par Cédric Costantino</title>
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		<pubDate>Sun, 08 Jan 2012 19:30:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>comba2008</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[Lui était sur ma route, simplement sur mon lieu de travail, la villa Thiole, la villa Serge. D&#8217;autres sur mes lieux d&#8217;études, de très grands professeurs. De ceux là, le premier qui s&#8217;en alla, fut le Doyen Weiss, mon professeur de thème latin : la dernière fois que je vis cette bibliothèque vivante, ce chercheur [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=comba2008.wordpress.com&amp;blog=6185869&amp;post=602&amp;subd=comba2008&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Lui était sur ma route, simplement sur mon lieu de travail, la villa Thiole, la villa Serge. D&#8217;autres sur mes lieux d&#8217;études, de très grands professeurs. De ceux là, le premier qui s&#8217;en alla, fut le Doyen Weiss, mon professeur de thème latin : la dernière fois que je vis cette bibliothèque vivante, ce chercheur éminent en patristique chrétienne, c&#8217;était au bar, sur la place de la Libération, en face de la villa Thiole, justement. Il riait en arabe, une chope à la main, trinquant avec un ouvrier. L&#8217;instant était si poétique, si simple, si grand, que je n&#8217;ai pas voulu le briser pour dire mon bonjour, je regardais, je pleurais presque. De cette race sans race, Patrice Giuge l&#8217;était, lui qui aimait les tous petits comme il aimait les grands peintres, lui qui tutoyait les kurdes sous leurs tentes et qui, par leur amitié, put voir les cités antiques à moitié englouties dans les sables, encore ignorées de nos jours. Et il me semble que son émule, Caroline Challan Belval, n&#8217;a pas fini d&#8217;apprendre de lui, d&#8217;acquérir un surplus de belle âme, comme si elle gravissait la montagne après son passage, comme si désormais, à chaque palier, elle se disait : &#8220;il était là, à ce point, au même instant que moi &#8220;&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">La voix de Patrice Giuge encerclait, sa parole était comme un fleuve qui charriait les idées, posait les mots à la place juste, oui, bibliothèque vivante, ouverte à tous, simple fontaine qui versait, libre à moi de m&#8217;y étancher. Et dans ce flot, il dit un jour que ma malléole était belle&#8230; ce mot technique : quelle beauté ! Je savais beaucoup mais pas encore ce qu&#8217;était une malléole&#8230; L&#8217;intérêt d&#8217;ouvrir le dictionnaire ? L&#8217;intérêt de savoir prosaïquement ? Savoir que le tumulte de l&#8217;air sous la chaleur n&#8217;est qu&#8217;un mirage et non un dieu ? Qu&#8217;une malléole est un os et non une ombre sur un dessin ? N&#8217;était-ce pas sublime qu&#8217;il sût et que je ne susse pas jusqu&#8217;à la leçon suivante ? La malléole ne put que se dévoiler, peu à peu, sous ses propres mots, mots élevant les étudiants penchés sur leurs dessins, mots berçant le modèle&#8230; toujours Patrice Giuge est pour moi poésie de la malléole comme Jean-François Duffau, à jamais, poésie de l&#8217;acromion.</p>
<p style="text-align:justify;">Patrice Giuge m&#8217;enseigna que le dix-huitième siècle était une sphinge au joli visage et aux griffes acérées, et cette citation de je ne sais quel auteur devint une clef tachée de sang pour Mozart : je regardais désormais la chambre interdite du passé avec l&#8217;oeil de Romain Gary (les Enchanteurs) et je vis l&#8217;enfance perdue, la désillusion, l&#8217;angoisse, la terreur mêlée de l&#8217;intelligence, la barbarie rejoignant la civilisation, noeud gordien de l&#8217;humanité. J&#8217;apprenais, il savait. D&#8217;ailleurs nous parlions le même langage comme si j&#8217;étais une créature de Pontormo avec laquelle il dialoguait : &#8220;Tu vois, tu es fait de telle pâte, de tel pigment&#8221;, et moi de répondre :&#8221; C&#8217;est vrai ! Pontormo a bien fait et je me sens bien ainsi&#8221;.</p>
<p style="text-align:justify;">Et nous devisions souvent devant un café, moi le musicien, lui le peintre, nous bâtissions en chimères des maisons d&#8217;Harmonie où les accords de sixte coulaient en pluies de verre, ceux de quintes étaient des sols et des murs solides, ceux de sixte-et-quarte des plafonds renversés, ensemble nous fuyions le point stable et pourchassions le désir de l&#8217;art. Il riait de mon innocence, il m&#8217;observait, il attendait que je sortisse de mon tableau et que je devinsse moi-même créateur. Et il m&#8217;aurait aidé si je n&#8217;avais pas tardé. Il eût saisi, pour peu que je le lui demandasse, mes démons par le cou comme il le fit du fils de la modèle qui la violentait au doux sein de l&#8217;école, il eût jeté le monstre dans l&#8217;escalier en admonestant : &#8220;Ne reviens plus jamais, ici nous protégeons toujours !&#8221;</p>
<p style="text-align:justify;">Patrice Giuge pensait que tous avaient droit à la culture et que toujours on la refusait aux humbles de la cité, non pas cette oublieuse culture de surface dont s&#8217;acquitte sans trop de ferveur l&#8217;école-prison, mais l&#8217;authentique, cette rencontre physique, amoureuse, d&#8217;une phrase, d&#8217;une image, d&#8217;un son ou même d&#8217;un toucher, qui ouvre à tout, attendrit, apaise, grandit tout. Patrice était utopiste, rien n&#8217;amoindrissait son utopie, au contraire elle croissait de volonté, d&#8217;action, d&#8217;énergie, d&#8217;adversité, devenait création, enfin matérielle : mille tableaux. Ne voit-on pas que Patrice n&#8217;avait peur de rien : l&#8217;étranger, le labeur, la maladie implacable, les soins intensifs, la perte des saveurs, rien ne venait à bout du goût d&#8217;agir, pas même la mort &#8211; il me le dit juste après son premier billard opératoire. Aplomb, vastitude, générosité, ces manifestations de la tendresse infinie et tolérante, tendresse qui ne juge jamais, ces traits font de Patrice Giuge, à mes yeux, l&#8217;honnête homme politique : je veux dire un artisan-artiste de la Cité idéale.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/comba2008.wordpress.com/602/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/comba2008.wordpress.com/602/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/comba2008.wordpress.com/602/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/comba2008.wordpress.com/602/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/comba2008.wordpress.com/602/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/comba2008.wordpress.com/602/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/comba2008.wordpress.com/602/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/comba2008.wordpress.com/602/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/comba2008.wordpress.com/602/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/comba2008.wordpress.com/602/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/comba2008.wordpress.com/602/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/comba2008.wordpress.com/602/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/comba2008.wordpress.com/602/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/comba2008.wordpress.com/602/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=comba2008.wordpress.com&amp;blog=6185869&amp;post=602&amp;subd=comba2008&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Paroles de modèle (2), Xavier Gatteau</title>
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		<pubDate>Fri, 04 Mar 2011 01:40:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>comba2008</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques du modèle (expressions libres)]]></category>
		<category><![CDATA[Etre modèle : témoignages]]></category>

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		<description><![CDATA[Episode 2 Septembre, octobre ; retour du modèle dans les écoles. Elles ré-ouvrent, les élèves et les professeurs y reprennent leurs places et leurs marques. On fait le tour des objectifs à atteindre, des moyens pour y parvenir et des besoins. Le modèle se souvient qu’il l’est quand on recommence à faire appel à lui. Sauf [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=comba2008.wordpress.com&amp;blog=6185869&amp;post=598&amp;subd=comba2008&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align:justify;">Episode 2</h2>
<p style="text-align:justify;"><a rel="attachment wp-att-610" href="http://comba2008.wordpress.com/2011/03/04/paroles-de-modele-2-xavier-gatteau/photo0383/"><img class="alignnone size-medium wp-image-610" title="Photo0383" src="http://comba2008.files.wordpress.com/2011/03/photo0383.jpg?w=152&#038;h=202" alt="" width="152" height="202" /></a></p>
<p style="text-align:justify;">Septembre,  octobre ;  retour du modèle dans les écoles. Elles ré-ouvrent, les  élèves et les professeurs y reprennent leurs places et leurs marques. On  fait le tour des objectifs à atteindre, des moyens pour y parvenir et  des besoins. Le modèle se souvient qu’il l’est quand on recommence à  faire appel à lui.</p>
<p style="text-align:justify;">Sauf  s’il a posé parfois, durant les mois de l’été, à l’occasion de stages  ouverts à tous dans certains établissements ou pour un artiste en privé,  le modèle peut très bien avoir oublié ou perdu certaines notions de son  activité à temps partiel. Occupé ou contraint maintenant par d’autres  obligations (professionnelles ou gratuites), Il peut même avoir perdu la  foi et l’énergie qu’il y consacrait quelques mois auparavant.</p>
<p style="text-align:justify;">Le  premier jour de la rentrée où l’on a besoin de lui, il se rend à  l’école somme toute assez naturellement, plutôt heureux de retrouver les  occupants des bâtisses où dans Paris et sa région l’on s’intéresse de  près et de loin à tout ce qui existe dans les domaines de l’esthétique  et de la technique. Il se sent presque investi d’un rôle à l’intérieur  de ça (même mineur), et s’engage sur les chemins de la connaissance d’un  pas léger, décidé et curieux. Le temps des retrouvailles, toutefois,  est bref. Il est rapidement à l’œuvre, en représentation, et déballant  son savoir faire sur le champ ; c’est pour cela qu’on l’a fait venir.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Sans foi ni loi<br />
</strong></p>
<p style="text-align:justify;">In   petto, et honnête avec lui même, dès le commencement il éprouve   certaines difficultés à se mobiliser instantanément pour la noble cause   qu’il s’imaginait quelques minutes auparavant. Lui même et l’animal en   lui n’adhèrent pas aveuglément… Et les interrogations s’imposent   d’emblée.</p>
<p style="text-align:justify;">Qui   me retiendra de tomber dans le vide ? Engagé dès la première heure dans   une pose longue &#8211; spéciale dédicace aux trafiquants de couleur – qui   m’empêchera de lâcher prise avant le repos prévu dans trois quarts   d’heure seulement ? Et qu’est ce que je me suis fait comme illusions en   me prévalant de qualités certaines et de vraies bonnes aptitudes pour   cet exercice ? Inerte, figé, soumis à des volontés et aux éléments   extérieurs, je ne vois rien de constructif ni de gratifiant dans ce que   je suis en train de faire. Finalement, poser, ce n’est pas faire autre   chose que perdre son temps contre rétribution. Et même moins que cela;   c’est donner de son temps et se donner de la peine pour trois fois  rien,  en servant de prétexte pour travailler à des gens qui eux mêmes   espèrent tirer bénéfice de leur activité bien plus que ce qu’ils font en   réalité.</p>
<p style="text-align:justify;">Voilà   une entrée en matière assez banale en somme ; qui se reproduit à chaque   fois au moment de remettre le pied à l’étrier. Déniant les mérites à   tout ce qui se présente alentour, comme quelquefois il nous arrive de   faire au sortir du lit certains matins quand rien n’a d’importance   encore en pyjama. Mais, vrai, quel étrange service s’agit-il de rendre !   L’autre jour que je m’installais pour un long moment dans une posture   qui n’était pas des plus périlleuses (puisqu’il s’agissait pour   l’artiste de faire de moi un portrait), je me disais que pour faire   comprendre à quelqu’un l’essence même de la difficulté de l’exercice de   la pose, il faudrait pouvoir d’abord trouver les mots justes pour   l’obliger à lui consacrer au moins une heure. Quand une personne veut se   targuer d’avoir au moins essayé de se frotter au job de modèle, il se   livre à l’exercice le temps d’une pose de dix minutes ou d’un quart   d’heure ; et il se dit que dans un sens cela suffit pour s’en faire une   idée. Et c’est vrai : il en sait bien plus s’il a fait ça. Mais au fond   (et sauf s’il a pris une pose impossible à tenir), il s’arrête au  moment  où ça commence à faire long et où ça peut commencer à faire mal.  Je me  disais donc que si j’invitais ce quelqu’un à rester trois quarts  d’heure  dans la même position, ou au moins (en exigeant pas de lui  qu’il  parvienne réellement à ses fins) à la même place, il lui  viendrait  directement le réflexe de demander une compensation ou une  rémunération  en échange de ce temps dépensé. En définitive, on peut  parier que celle  ou celui qui a accepté de se soumettre à cet impératif  (immobiliser son  corps longuement dans une même position), est soit  forcément déjà modèle  (ou le devient instantanément –les spectateurs de  sa tentative en ayant  profité pour le croquer), soit mort ou cinglé.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Rest in peace<br />
</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Ce   qui vous donne une idée de la solitude dans laquelle sombrent   quelquefois les modèles, parce que la plupart du temps ils sont au   travail éloignés les uns des autres chacun dans leur salle ou leur   école, et qu’ils ne peuvent pas jacasser entre eux de leurs petits   soucis. Leur peine au quotidien, ils la gardent pour eux dans la plupart   des cas, parce qu’il faut bien considérer qu’en définitive, rien ne  les  a obligés à accepter ce boulot. Pour un peu, ils donneraient même   l’impression d’y prendre du plaisir&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">A   l’écart de ce cheminement solitaire se présente le cours de   morphologie, dans le petit amphithéâtre de l’école des beaux arts. On y    côtoie d’autres fous que seulement soi-même, nus eux aussi, et c’est   vrai, apparemment rompus à l’exercice. C’est l’endroit où la   concentration, et des modèles sur l’estrade, et des observateurs qui   assistent à l’événement, est la plus grande. Au creux de cette salle   dont la hauteur de plafond minimise largeur et profondeur à proportion,   se tiennent ensemble les yeux et les formes, la distance et la   proximité. Les personnages qui prêtent leur nudité sont installés au   pied du pan de mur le plus grand de ce parallélépipède, avec en vis à   vis plusieurs points d’observation disposés sur un plan rectangle   incliné. Les étudiants se nichent dans cet espace partout où il leur est   permis ; ils dessinent depuis les gradins, bien sûr, disposés en rond   et sur plusieurs niveaux d’un côté de l’estrade, mais aussi, de  l’autre,  sur les murs flanqués de tableaux noirs, devant, derrière les  modèles ;  au dessus d’eux aussi, grâce aux deux petites échelles  accrochées au  pan de mur principal, par lesquelles on accède à l’étage à  trois ou  quatre mètres du sol. Le modèle doit pouvoir être cerné, et  dans cet  endroit il l’est &#8211; à l’avance &#8211; par l’ensemble et l’agencement  du lieu.</p>
<p style="text-align:justify;">De  ce  fait il pourrait se sentir intimidé plus encore que d’habitude ;   toutes ces têtes qui s’agitent, hors de son champ de vision, et le   murmure de l’affluence qui s’amplifie au fil des minutes et des heures   de l’après-midi, le déstabilisent peut-être un peu. Mais, concentré sur   ce qu’il a à faire, bientôt le nu solitaire prend le large. Les   étudiants sont là pour voir les formes d’un corps humain, et dès que   l’exercice est lancé plus rien ne transparaît de sa personnalité.   Surtout, le modèle, ici, est trois fois ! Deux femmes et un homme, ou   deux fois plus d’eux que d’elle, voilà du choix au moment de décortiquer   des yeux l’ensemble des caractéristiques morphologiques de l’espèce.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Le bonheur d&#8217;être ensemble&#8230;</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><strong><a rel="attachment wp-att-607" href="http://comba2008.wordpress.com/2011/03/04/paroles-de-modele-2-xavier-gatteau/photo0377/"><img title="Photo0377" src="http://comba2008.files.wordpress.com/2011/03/photo0377.jpg?w=248&#038;h=185" alt="" width="248" height="185" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Ainsi,   le travail de l’observation ne repose plus sur sa participation   absolument. Il pourrait craquer, se sentir faiblard et passer son tour à   l’instant où le professeur lance une nouvelle série de poses de cinq –   dix minutes : dans cet endroit il se sent libre de se décharger du  souci  de la performance (poser) qui d’habitude ne revient qu’à un seul.  Qu’il  prenne ou non cette liberté, il n’est pas ici tenu en tout cas  par une  pose choisie au début du cours et qu’il faudra garder plusieurs  heures,  ni à la merci de toutes les attentions à ses moindres détails  jusqu’à la  fin. Le cours de morphologie est une succession de  présentations de  corps humains, qu’on regarde et reproduit avec à  l’esprit ce qu’ils  possèdent d’universel, que l’on scrute en chacun  d’eux. Les modèles  profitent de l’opportunité pour se visiter  mutuellement, curieux des  caractéristiques physiques de chacun, qu’on  rassemble et superpose entre  elles pour en tirer d’abord des  similitudes, et qui sont ensuite sous  divisées selon les deux genres :  féminin – masculin. Quelquefois leurs  regards à eux, aussi, peuvent se  perdre dans la contemplation de la  beauté des formes&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Dans   cet espace situé entre les hauts pans de mur de la « scène » où sont   plantés les modèles et le demi cercle réservé au public des gradins,   s’instaure un échange incessant de regards et d’attentions, où chacun   des intervenants (étudiants, étudiés) donne à voir quelque chose de lui   même, que ce soit son corps nu immobilisé ou la retranscription à la   craie sur le tableau noir de sa vision particulière de l’Universel. On   cherche, on s’ingénie, on sue pour une même chose. Au fond de ce quart   de sphère qui a de loin la gueule d’un évier finissent par se rassembler   ces gouttes semblables entre elles qui ont perlé tout l ’ après midi, à   force de concentration et de persévérance. Le modèle (présenté en  trois  exemplaires), visé de droite et de gauche, ou vu du ciel la tête  la  première, s’expose et donne lieu à une infinité de remarques et   d’indications graphiques, qui s’enchevêtrent les unes aux autres. Il   n’est pas rare qu’un dessinateur au tableau, prenant du recul par   rapport à ce qu’il est en train de faire, en gêne un autre établi juste à   côté. Pas rare non plus qu’il faille s’y reprendre à dix fois pour   placer par écrit un élément qu’on croit essentiel à la retranscription   et sans quoi on ne s’imagine pas poursuivre l’exécution de l’ensemble.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>&#8230; baignés dans le flou</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><strong><a rel="attachment wp-att-609" href="http://comba2008.wordpress.com/2011/03/04/paroles-de-modele-2-xavier-gatteau/photo0353/"><img title="Photo0353" src="http://comba2008.files.wordpress.com/2011/03/photo0353.jpg?w=255&#038;h=191" alt="" width="255" height="191" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Pris   en plein milieu de cette effervescence, le modèle participe sans même   s’en rendre compte à l’actualité d’un effort renouvelé à l’infini et qui   donne naissance à d ’ autres que lui, dessinés au tableau. Il est vu   sous plusieurs angles, et lui même a la possibilité de se voir plusieurs   fois. Le mouvement de va et vient de l’élève entre le corps qu’il a   choisi de représenter et sa réalisation picturale en devenir au tableau,   le modèle l’imprime lui aussi, des yeux, partant d’une des   reproductions de lui même, à une ou plusieurs autres qui se forment en   même temps. Laquelle d’entre elles me ressemble le plus ? Sous quels   aspects je me reconnais assurément comme étant homme dans ses justes   proportions ? Point de départ et de ralliement d’un exercice de   représentation simple, le modèle disparaît ici, reparaît là &#8211; un parmi   les trois. Différent selon les points de vue, total, imparfait, absent   de certains horizons ; perdu lui même, retrouvé, noyé dans la masse   quasi fluide d’informations véhiculées et perçues.</p>
<p style="text-align:justify;">Sorties   de leur confinement habituel dans le chacun pour soi, les deux parties   principales aux prises avec leurs difficultés contiguës –travail de   présentation d’un côté et de représentation de l’autre- ici se font   face, éclatées en plusieurs morceaux. On déplace dans l’espace et se   déplace au gré des besoins et des envies, profitant d’une interruption   de séance, avant que l’exercice ne soit renouvelé pour une durée   comprise entre cinq minutes et un quart d’heure. Donner à voir et   assurer celui qui regarde, que ce qu’il a vu une fois le sera la fois   d’après ; voilà le modèle en action. Reproduire la réalité 3D devant lui   (qu’il a choisie parmi les trois spécimen) , sur un plan noir à l’aide   d’une craie ; voilà le « penseur avec ses mains » aux prises avec le   visible! Des yeux sur des têtes qui s’épuisent à retranscrire, et des   corps nus suspendus qui s’amusent à voir et se distraient&#8230; Laissant   aller le regard là où d’autres moi se construisent, pendant que les   architectes se creusent la cervelle à comprendre, et ce qu’ils dessinent   et ce qu’ils voient. Quel bonheur pour le modèle de se sentir au coeur   des débats, et cette fois ci en comparaison presque épargné par les   souffrances inutiles ! Au milieu de toute cette agitation dont je suis   la source et l’inspiration, et qui me fait la matrice de créatures un   peu à l’étroit sur le plan, mais riches et vivantes de la diversité et   de l’étrangeté du voir !</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Confondus</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align:justify;">Attention   tout de même, au plus fort de ces rêveries, à ne pas lâcher prise. Je   contemple le travail, des autres et le mien, mais je suis de marbre. Je   le veux en tout cas. Car si nous sommes là tous ensemble à viser la  même  chose : le stable, le sûr, le certain, au fond tous nous éprouvons  le  contraire ; c’est à dire, l’effort, l’erreur et la fébrilité. Une  sorte  d’excitation finit par transparaître, mêlant fantasmes, et  frustration ;  entre un corps distrait qui se projette au dehors en  plusieurs  manifestations graphiques et les sensations du voir au  toucher comme sur  le point de se concrétiser. Observation et  vérification semblent à  portée de main dans cette situation ; presque  complémentaires et  indissociables. On voudrait pouvoir affermir son  jugement, et profiter  que le modèle est là, si près, entièrement  disponible&#8230; Mais les  impossibilités se font jour à mesure que l’on  s’imagine sur le point de  pouvoir y remédier. Toucher avec les yeux&#8230;  S’approcher du regard&#8230;  Considérer dans son ensemble ce qu’on ne peut  pas dessiner autrement que  morceau par morceau, petit à petit&#8230; Se  tenir à distance de  soi-même&#8230; De chaque côté  finalement on sent  s’approcher la tentation  de se débarrasser de soi un instant ;  le  temps d’y voir plus clair,  pour les uns, ou pour se soustraire à une  obligation, pour les autres.</p>
<p style="text-align:justify;">L’heure   de sortir du bain arrive à point pour que la tension née de l’effort  de  concentration et d’attention s’amenuise. A partir de ce moment il   s’agit de se tourner ensemble vers chacune des réalisations au tableau.   Prendre du recul, comparer, se concerter. Ecouter une voix qui s’élève   au dessus de l’ensemble et qui, bien nette, arrive aux oreilles, enfin.   On attend d’elle qu’elle livre son verdict, tellement on a envie de   savoir ce que vaut la peine qu’on s’est donné un peu en désordre,   peut-être en vain. Et le maître de cérémonie s’exécute, passant en revue   le travail de tous les auteurs de la représentation, un par un. Un   buste trop large par rapport à ce qu’il est en réalité, ici, un corps   dessiné dont les éléments sont disproportionnés, là. Un aplomb mal vu   qui ferait chavirer le modèle s’il se tenait dans la position où il est   représenté&#8230; A son tour, le professeur, prolongeant l’exercice  d’acuité  visuelle et tentant de poser des repères reconnaissables entre  l’espace  et le plan, livre le résultat de ses recherches et de ses  observations  personnelles. Il donne à voir, et à comprendre. Tout le  monde s’en  repaît, dans la joie et la bonne humeur &#8211; et quelquefois  bruyamment,  parce que hors de l’eau ce ne sont plus des bulles.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Sous les pas d&#8217;alter ego, la plage</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><strong><a rel="attachment wp-att-611" href="http://comba2008.wordpress.com/2011/03/04/paroles-de-modele-2-xavier-gatteau/photo0354/"><img title="Photo0354" src="http://comba2008.files.wordpress.com/2011/03/photo0354.jpg?w=132&#038;h=176" alt="" width="132" height="176" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Les   modèles de leur côté en profitent pour se dérober au regard, à   l’attention et à l’effort. Au milieu de cette agitation nouvelle ils   sont bien ; alanguis pour un instant, et lovés dans leur peignoir ou   leur paréo qu’ils ont remis sur leur dos, ils entendent parler d’eux en   morceaux hachés menu. Que leur importe , puisqu’ils sont là tous les   trois à se rapprocher les uns des autres pour constituer une fois n’est   pas coutume, un corps de métier. Combien de révoltes se sont fomentées   dans cet endroit &#8211; le seul où la liberté qu’ils ont de se rassembler   (dévoilés tels qu’ils sont) encore est maintenue ! Ils parlent,   échangent, sourient, se découvrent, se comprennent. Là sous la lumière   et le feu des radiateurs, on croirait voir des stars en train de   bronzer. On leur fout la paix, jusqu’au moment où ils reprendront la   pose et que, debout, à nouveau, on aura besoin d’eux pour détailler   certains éléments du squelette ou la fonction d’un muscle. En attendant   ils se reposent, s’effondrent sur eux-mêmes, laissent aller loin d’eux   l’énergie qu’ils rassemblaient et contenaient tout entier quelques   minutes auparavant pour se tenir raide et inflexible.</p>
<p style="text-align:justify;">Un   courant passe, d’un acteur à l’autre, d’un corps à un autre de ce   cirque à moitié; des ordres circulent, guidant le regard et décidant la   main à choisir quelque chose plutôt que rien. On entend des choses, on   les a vues, et finalement il ne reste apparent et  intelligible que ce   que l’on sait depuis longtemps, et que l’on précise au tableau à la   craie –rouge pour les muscles, jaune pour les repères osseux, et bleu   pour les tendons. Sur chacun des dessins, heureux ou non dans sa   tentative de représenter le réel-corps face à lui, viennent se placer   les éléments certains ; dont chaque spécimen humain est fait. On les a   repérés dans les livres d’anatomie, reconnus cent fois sur les planches   destinées à montrer l’intérieur du vivant. Il faudrait pouvoir dépecer   les modèles pour vérifier ce que le livre donne pour vrai.</p>
<p style="text-align:justify;">On   préférera pour cette fois se tourner vers sa production picturale, et   lui donner corps et chair grâce aux couleurs. Des figures s’incarnent,   une bande de corps représentés au tableau qui se dirigent vers l’estrade   et le public, à qui on a fait des yeux ; tandis que les originaux   s’effacent, prétexte pour le travail et l’observation, et qu’on préfère   oublier pour un instant&#8230; Bienheureux modèles dans cette situation,   réchappés du pire de l’écorché et du dépeçage, et réfugiés dans le rêve   d’une vie plurielle&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Adieu la compagnie<br />
</strong></p>
<p style="text-align:justify;">De   retour dans les écoles, disions-nous, à l’emplacement qu’on a réservé   pour la présentation du modèle –au milieu de la salle sur un plan à   peine surélevé ou à même le sol, dos au mur les élèves déployés devant   lui en demi cercle, ou dans un coin avec deux ou trois vieux spots   braqués dans sa direction- la femme ou l’homme au travail dont   l’attribution première est la nudité, se redécouvre lui même. Presque   étranger à cette tâche qu’il a accepté d’endosser, il y a longtemps   maintenant. Qui l’a entraîné ici ? Et pourquoi ? L’argent bien sûr. Mais   pas que cela. De là où il repart après quelques mois d’inactivité dans   cette discipline, il ne peut pas bien se rendre compte d’une réalité  qui  avait cours auparavant, et qui l’a reconduit sans hésitation dans  cet  endroit et sur cet emplacement réservé à lui seul. Le professeur et  les  élèves, ou l’artiste qui prépare son matériel s’attendent à voir  et à  bénéficier d’un grand service qu’il a su leur rendre maintes et  maintes  fois déjà. Il sait ce que tout à la fin il va y trouver, et  s’appuyant  sur la base de cette confiance qu’on lui accorde en faisant  encore  régulièrement appel à lui, il comprend que ce travail lui vaut  une vraie  reconnaissance. Mais là, au recommencement, froid, sans  entrain, avec  peut-être aussi une année de plus au compteur qui lui  fait appréhender  les choses différemment, il préfère ne pas savoir tout  de suite l’effort  que cela représente, et s’imaginer comment il va se  sortir grandi de  cet épreuve – à ses yeux et aux yeux des autres. Ce  qui pour les autres  passe pour une évidence (en tant qu’habitude), il y  découvre lui une  inconnue tant que son corps ne lui a pas donné de  garantie . Et pour que  son corps le renseigne, il doit d’abord accepter  de le mettre à  l’épreuve. A l’épreuve du temps, de la pesanteur et du  même.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong> </strong></p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/comba2008.wordpress.com/598/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/comba2008.wordpress.com/598/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/comba2008.wordpress.com/598/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/comba2008.wordpress.com/598/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/comba2008.wordpress.com/598/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/comba2008.wordpress.com/598/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/comba2008.wordpress.com/598/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/comba2008.wordpress.com/598/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/comba2008.wordpress.com/598/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/comba2008.wordpress.com/598/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/comba2008.wordpress.com/598/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/comba2008.wordpress.com/598/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/comba2008.wordpress.com/598/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/comba2008.wordpress.com/598/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=comba2008.wordpress.com&amp;blog=6185869&amp;post=598&amp;subd=comba2008&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Plus jamais ça, par &#8220;Le greco&#8221;</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Dec 2010 19:42:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>comba2008</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques du modèle (expressions libres)]]></category>
		<category><![CDATA[Etre modèle : témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[modèle nu]]></category>
		<category><![CDATA[témoignage]]></category>

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		<description><![CDATA[Grippé: fiévreux, courbaturé, sans force, avec mal de tête et de gorge. 3 jours sous les couvertures a ne pouvoir rien faire et 3 autres pour se remettre sur pied. Ça vous est arrivé? Il fait froid, ¾ d&#8217;heure de trajet, 20 minutes de retard à l&#8217;arrivé. Une immense salle vitrée d&#8217;un établissement d&#8217;enseignement publique [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=comba2008.wordpress.com&amp;blog=6185869&amp;post=555&amp;subd=comba2008&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><strong>Grippé: fiévreux, courbaturé, sans force, avec mal de tête et de gorge. 3 jours sous les couvertures a ne pouvoir rien faire et 3 autres pour se remettre sur pied. Ça vous est arrivé?</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Il fait froid, ¾ d&#8217;heure de trajet, 20 minutes de retard à l&#8217;arrivé. Une immense salle vitrée d&#8217;un établissement d&#8217;enseignement publique d&#8217;art plastique, dont le système de chauffage est en panne depuis le matin. Autour de la sellette, en contrebas, 3 chauffages d&#8217;appoint sur roulettes -de ceux que l&#8217;on a parfois chez soi et dont on ressent la chaleur&#8230; lorsqu&#8217;on est à califourchon dessus. Au bout d&#8217;une heure et demi des 4 heures de poses prévues, à la question « C&#8217;est assez chaud ?» je réponds « C&#8217;est pas l&#8217;été !». Le lendemain matin, je pose en modelage aux Beaux-arts. Un immense atelier mais avec un chauffage efficace autour de la sellette, tout va bien. L&#8217;après midi je toussote un peu. Puis, une nuit passée à me tourner dans mon lit et au matin le constat: « Ça y est, je suis grippé ». Traine ma frêle carcasse  rue Bonaparte, pour assurer la dernière séance modelage prévue, mais dès 10 heures, je décommande mon rendez-vous de 16h dans une école privée -rendez-vous pourtant confirmé la veille- ressentant l&#8217;aggravation  probable de mon état physique incompatible avec l&#8217;exercice de la profession. Par malchance, c&#8217;est sur ceux a qui j&#8217;avais posé involontairement un gros lapin une semaine auparavant qui en font les frais. Donc récidive sous une autre forme. Ça pardonne pas: mon nom devrait probablement disparaître des écrans radars de cet établissement.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong><span style="color:#888888;">CERTIFICAT MÉDICAL OU REMÈDE EFFICACE?</span></strong></p>
<p style="text-align:justify;">Le modèle vacataire quand il est malade n&#8217;a que ses yeux pour pleurer: il ne peut plus bosser et perd de facto ses revenus, ne pouvant demander des comptes à des structures qui l&#8217;emploient de manière aléatoire, au compte-gouttes, et qui ne rétribuent que les heures de travail effectuées et non celles programmées. En plus, il sait qu&#8217;en foutant la pagaille en dernières minutes, on sera moins tenté de faire appel à lui à l&#8217;avenir. Un peu raide « l&#8217;addition » au regard du prix facturé pour ses prestations!</p>
<p style="text-align:justify;">Alors, contacter un médecin pour justifier d&#8217;un certificat médical ne lui sera d&#8217;aucun secours. Et il a bien d&#8217;autres priorités, comme guérir au plus vite&#8230; et échapper à des  conditions de travail qui seraient préjudiciables à sa santé, en évitant de poser nu s&#8217;il a froid. Ça tombe sous le sens, mais le modèle parce qu&#8217;il se sait « au service de l&#8217;enseignement » rechigne d&#8217;instinct à en perturber le bon déroulement.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Le remède: disposer de lieux de poses bien chauffés et équipés de puissants radiants qui rayonnent la chaleur et de soufflants qui la poussent, amovibles et en nombre plus que de besoin pour palier à toutes éventualités et s&#8217;ajuster au mieux  au bien être du modèle. Mais il est, à ce jour, bien rare à trouver.<br />
</strong></p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/comba2008.wordpress.com/555/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/comba2008.wordpress.com/555/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/comba2008.wordpress.com/555/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/comba2008.wordpress.com/555/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/comba2008.wordpress.com/555/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/comba2008.wordpress.com/555/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/comba2008.wordpress.com/555/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/comba2008.wordpress.com/555/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/comba2008.wordpress.com/555/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/comba2008.wordpress.com/555/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/comba2008.wordpress.com/555/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/comba2008.wordpress.com/555/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/comba2008.wordpress.com/555/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/comba2008.wordpress.com/555/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=comba2008.wordpress.com&amp;blog=6185869&amp;post=555&amp;subd=comba2008&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Les modèles d&#8217;art, toujours sur la sellette, sur le Blog des Inrocks</title>
		<link>http://comba2008.wordpress.com/2010/06/23/les-modeles-dart-toujours-sur-la-sellette-blog-des-inrocks/</link>
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		<pubDate>Wed, 23 Jun 2010 22:48:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>comba2008</dc:creator>
				<category><![CDATA[Images]]></category>
		<category><![CDATA[modèle vivant]]></category>
		<category><![CDATA[modèles]]></category>
		<category><![CDATA[Revendications]]></category>

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		<description><![CDATA[Les Inrocks zoom sur les revendications des modèles: Ils posent nus pour onze euros de l&#8217;heure. Ce ne sont ni des occasionnels, ni des étudiants, mais des modèles d&#8217;art à plein temps et avant tout des précaires. Depuis 2008, ils demandent la reconnaissance de leur métier. Un article de la journaliste Carole Dieterich.<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=comba2008.wordpress.com&amp;blog=6185869&amp;post=540&amp;subd=comba2008&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les Inrocks zoom sur les revendications des modèles:</p>
<h2>Ils posent nus pour onze euros de l&#8217;heure. Ce ne sont ni des  occasionnels, ni des étudiants, mais des modèles d&#8217;art à plein temps et  avant tout des précaires. Depuis 2008, ils demandent la reconnaissance  de leur métier.</h2>
<p>Un<a href="http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/46242/date/2010-06-21/article/modeles-dart-toujours-sur-la-sellette/"> <strong>article</strong></a><strong> </strong>de la journaliste Carole Dieterich.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/comba2008.wordpress.com/540/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/comba2008.wordpress.com/540/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/comba2008.wordpress.com/540/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/comba2008.wordpress.com/540/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/comba2008.wordpress.com/540/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/comba2008.wordpress.com/540/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/comba2008.wordpress.com/540/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/comba2008.wordpress.com/540/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/comba2008.wordpress.com/540/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/comba2008.wordpress.com/540/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/comba2008.wordpress.com/540/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/comba2008.wordpress.com/540/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/comba2008.wordpress.com/540/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/comba2008.wordpress.com/540/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=comba2008.wordpress.com&amp;blog=6185869&amp;post=540&amp;subd=comba2008&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Tribune des modèles sur LeMonde.fr</title>
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		<comments>http://comba2008.wordpress.com/2010/06/17/trbune-des-modeles-sur-le-monde-fr/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 17 Jun 2010 09:36:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>comba2008</dc:creator>
				<category><![CDATA[Etre modèle : témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[école des beaux-arts]]></category>
		<category><![CDATA[beaux-arts]]></category>
		<category><![CDATA[rémunération]]></category>
		<category><![CDATA[Revendications]]></category>

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		<description><![CDATA[LEMONDE.FR &#124; 16.06.10 &#124; 13h44 Débat&#62; Idées&#62; Point de vue (lien de l&#8217;article sur le site du Monde) Pour la reconnaissance du métier de modèle Nous sommes modèles en atelier par choix et considérons l&#8217;art de la pose comme un noble et beau métier. Aucune école d&#8217;art ne pourrait délivrer un enseignement de qualité sans [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=comba2008.wordpress.com&amp;blog=6185869&amp;post=538&amp;subd=comba2008&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } --><span style="font-size:medium;">LEMONDE.FR | 16.06.10 | 13h44 </span></p>
<p>Débat&gt; Idées&gt; Point de vue (<a href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/06/16/pour-la-reconnaissance-du-metier-de-modele_1373071_3232.html">lien de l&#8217;article sur le site du Monde</a>)</p>
<h2>Pour la reconnaissance du métier de modèle</h2>
<p>Nous sommes modèles en atelier par choix et considérons l&#8217;art de la pose comme un noble et beau métier.<br />
Aucune école d&#8217;art ne pourrait délivrer un enseignement de qualité sans nous ; pour autant, aucune ne peut nous garantir une sécurité d&#8217;emploi. Payés comme si nous étions des s­alariés mais sans en avoir les avantages, nous courrons de lieu en lieu. Maintenus au rang de forças de l&#8217;enseignement artistique, nous recueillons pourtant au quotidien le respect et le soutien des enseignants et des élèves et leur indignation de nous voir si mal traités.<br />
Les médias, et en premier le journal Le Monde daté du 16 décembre 2008, se sont fait l&#8217;écho de nos actions et de nos revendications salariales et de statut. Mais force est de constater que depuis l&#8217;hiver 2008, pour l&#8217;essentiel, rien n&#8217;a bougé. Ni du côté de la Ville de Paris, ni du côté de l&#8217;Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris (ENSBA), ni ailleurs. De concert, les responsables interpellés se sont opportunément repliés sur l&#8217;autorité du ministère de la culture pour traiter de la question du statut, et arguent de l&#8217;absence de moyens budgétaires alloués par le même ministère pour écarter toute réévaluation notable de nos salaires.<br />
Pourtant nos demandes sont simples et fondées : accorder au modèle la qualité d&#8217;assistant d&#8217;enseignement et le rémunérer en conséquence, définir un statut qui corresponde à la spécificité de cette activité : elle nécessite, pour en vivre, d&#8217;avoir plusieurs employeurs pour atteindre un nombre conséquent d&#8217;heures de travail, chaque structure d&#8217;état, municipale ou associative, s&#8217;attachant par ailleurs un volant de modèles, plus ou moins permanents pour garantir une nécessaire rotation dans ses ateliers.</p>
<h4><span style="color:#333333;"><strong>REMÉDIER À UNE INDIGNE PRÉCARITÉ</strong></span></h4>
<p>Après plusieurs demandes infructueuses, par voie de tracts et de courriers, nous serions heureux que Monsieur Frédéric Mitterrand se saisisse enfin de ce dossier pour ouvrir des discussions que ses services avaient jugées nécessaires, dès juin 2009.<br />
Nous ne sommes plus au temps des glorieuses académies des XVIIIe et XIXe siècles et les ateliers ne croulent pas sous la poussière des temps anciens. Nous sommes au XXIe siècle, l&#8217;art contemporain a fait sa mue et retourne pour partie vers le figuratif. La 3D (ou toute autre brillante invention technologique) ne se substituera jamais à la pertinence reconnue et heureusement inégalée de l&#8217;apprentissage artistique d&#8217;après modèle vivant. La force du modèle se tient là, entre tradition et modernité, tissant un fil d&#8217;Ariane à travers toute l&#8217;histoire de l&#8217;Art.<br />
Ne pourrait-on pas accorder au modèle la dignité d&#8217;un statut en phase avec son utilité et sa réalité, loin de l&#8217;image d&#8217;Epinal de la muse ? Et le rémunérer décemment ? Ne serait-ce que pour honorer la force et la noblesse de cet art ? Pour le ministère de la culture, un geste symbolique en écho à son cinquantième anniversaire. Pour les modèles, les moyens de remédier à une indigne précarité de fait.</p>
<p><strong>Patrick Berton, Collectif des modèles de l&#8217;Ecole nationale supérieure des beaux-arts (CoMBA) et Fabienne Gillmann, Association des modèles d&#8217;art de France.</strong></p>
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		<title>Paroles de modèle (1), de Xavier Gatteau</title>
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		<pubDate>Fri, 02 Apr 2010 13:49:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>comba2008</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques du modèle (expressions libres)]]></category>
		<category><![CDATA[Etre modèle : témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[modèle nu]]></category>
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		<description><![CDATA[Episode 1 Je laisse aller ma vie de modèle au gré des ans, de la conjoncture économique, et du souvenir que professeurs et artistes gardent de moi et des mes prestations. Un numéro de modèle (qu’il commence par zéro six ou qu’il lui ait valu des applaudissements) s’oublie vite, néanmoins. Et même lorsqu’on parvient à [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=comba2008.wordpress.com&amp;blog=6185869&amp;post=503&amp;subd=comba2008&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align:justify;"><strong>Episode 1 </strong></h2>
<p style="text-align:justify;">Je  laisse aller ma vie de modèle au gré des ans, de la conjoncture  économique, et du souvenir que professeurs et artistes gardent de moi et  des mes prestations. Un numéro de modèle (qu’il commence par zéro six  ou qu’il lui ait valu des applaudissements) s’oublie vite, néanmoins. Et  même lorsqu’on parvient à se préserver quelques aires d’enseignement  gardées (des écoles qui avec vous pour modèle et deux ou trois autres  n’ont pas besoin de plus ni mieux), cela ne vous rapporte pas (venant de  chacune d’elles) au delà parfois de quinze ou vingt heures par an.<br />
Et malgré tout je m’estime heureux très souvent de pouvoir exercer ce  métier, en plus ou en dehors de celui de tailleur de pierres qui  m’occupe une grande partie de l’année, quand il y a du travail et donc  de l’argent en grande quantité pour qu’on daigne en consacrer une  (petite) partie à la préservation du patrimoine architectural, en  France, à Paris.</p>
<p style="text-align:justify;">Je  remercie tous les gens qui m’ont permis d’en rencontrer d’autres en  dehors de mon cercle de relations strictement professionnelles (le  milieu de la taille de pierre est restreint finalement), et qui m’ont  laissé assez de temps pour faire mes preuves (concernant l’expression  artistique) et apprivoiser un corps qui a tiré grand bénéfice de cette  discipline. Poser nu. Je crois que je n’aurais pas le courage  aujourd’hui de repasser par mes débuts (de cette activité en tant que  modèle vivant), qui ont tellement coïncidé avec toutes les erreurs qu’on  ne refait pas les séances d’après, stigmatisé par les douleurs encore  marquantes quelques semaines plus tard et qui constituent pour partie  essentielle la base de votre apprentissage.<br />
La motivation principale au départ, c’est faire un peu de fric, en ne  s’inquiétant pas de malmener un corps encore jeune et qui encaisse bien  les coups. On se satisfait d’élargir son champ d’action, d’atelier en  atelier, d’école en école, de banlieue en banlieue, et jusqu’à Paris. On  découvre son corps plaisant et instructif (comme jamais auparavant),  avec sa musculature exagérée ou pointée du doigt à certains endroits  précis par le professeur, ou transformé et sublimé en fonction des  sensibilités et de l’inspiration des élèves. L’accueil est  particulièrement chaleureux ; partout où je passe il y a des yeux pour  voir quelque chose, au-delà, en deçà de ce que je ne propose pas encore  avec un réel discernement et selon un choix délibéré.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Douleur</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Revenons  sur la douleur. Jamais elle n’est reparue si intense et insupportable  que ces premières fois ratées et vaincues. On prend une pose qu’on croit  confortable a priori, perdu au milieu des desiderata –une pose  conseillée (pour ne pas qu’on ait mal), avec le recours à certains  ustensiles sortis d’un placard en dernière minute (ne jamais plus se  fier à de vieux coussins dont la mousse est moins consistante que le  tissu). Les élèves dans certaines écoles, sont si remplis de  sollicitude ! On la prend, avec parfois la crainte qu’elle ne « fasse  pas beau », vue de l’extérieur ; et ce qui vous fait modifier quelques  menus détails de la composition qui vont vous la rendre –vous ne le  savez pas encore- plus intolérable que ce que vous croyiez. D’autres  fois on se voit proposer de livrer à l’assistance un choix de trois  poses d’entrée de jeu pour que l’une d’elle constitue le support d’un  travail pendant trois heures. Un travail qui sera celui, là , d’un  peintre, ici, d’un portraitiste qui ne prend pour sujet d’étude que la  partie en vous d’où le mal ne viendra pas souvent, mais vers laquelle il  va transiter et demander conseil pour tenter de trouver une solution à  toute cette embarrassante situation qui se met en place, insidieusement.<br />
Vous êtes mal réveillé ; et pour faire original vous présentez des  postures que jamais vous n’avez expérimentées et qui vous viennent à  l’esprit de façon si incongrue et mal à propos que vous ne saurez plus  vous les remettre en mémoire une fois le choix des élèves arrêté et  l’heure du calvaire venue. Quand je pense à ce catalogue de poses  longues que je me suis décidé à constituer à la suite de ça (c’est si  simple de se balader toujours avec son petit carnet de croquis au cours  d’une visite dans un musée et de pouvoir mettre la main dessus dès  l’instant où l’on tourne quelques pages d’un livre d’art ou sur  Internet), et que je n’ai jamais vraiment commencé…</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Pétrification</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Il faut  vous dire que j’ai presque renoncé à me soumettre aux exigences de  cette coutume de l’apprentissage en peinture ou en modelage ; une même  pose pendant quarante cinq minutes, passe encore, mais lorsqu’elle doit  être réitérée à plusieurs reprises pour les besoins d’une cause plus ou  moins respectable et digne d’intérêt , je préfère quelques fois tendre  une oreille attentive à ce que mon corps me réclame et y regarder à deux  fois avant de me jeter sur n’importe quelle offre de travail (quand  c’est possible bien sûr) . La difficulté de l’exercice n’est d’ailleurs  qu’un facteur parmi d’autres qui me rebutent, à l’idée de ce que  recouvre l’activité du modèle lorsqu’il s’agit  seulement de poses  auxquelles il se doit de se soumettre longtemps –de son propre chef.<br />
C’est une discipline d’enfer ; elle est envisageable quand on a réussi à  porter son attention aussi bien sur ce qui se joue avant la pose que  pendant. Bien comprendre ce qu’on attend de vous, et viser souvent moins  haut que ce que le plus inexpérimenté des spectateurs s’attend à voir,  et plus haut que ce que celui qui n’est pas encore arrivé à l’heure où  vous vous plongez dans votre exercice espère et dont la surprenante  découverte lui fera dire qu’il ne regrette pas d’être venu. Au pire des  cas, au plus bas de votre motivation ou de votre forme, une seule chose  demeure : ne pas décevoir, en donner pour l’argent payé, et penser que  la prestation d’aujourd’hui joue en faveur de l’offre éventuelle de  travail qu’on va vous refaire si vous êtes bon. Repenser quelques fois  (comme quelqu’un comme moi qui ne pose pas très souvent) au travail  qu’on a effectué la séance précédente dans l ’ école où l’on revient,  même plusieurs mois après, et proposer une de ces poses qui font  réfléchir sérieusement, qu’on a pas déjà prise. Pour ce genre de poses,  longues, tout se joue là, à ce moment précis où vous êtes en train de  décider ce à quoi vous vous sentez prêt à vous astreindre, pendant trois  fois quarante cinq minutes. C’est un moment crucial, qui met en jeu  votre « panel » de modèle, vos possibilités d ’« étant » , la richesse  de votre catalogue de poses ; votre potentiel. L’exigence de  l’excellence chez un modèle est là ; il doit sentir d’abord en lui qu’il  saurait proposer beaucoup de choses, et s’arranger avant d’arriver sur  l’estrade le jour où il travaille, pour que ce soit une réalité, même si  à la fin, pour ce genre d’exercice, il ne sort de son attirail qu’un  seul exemplaire de ce qu’il a à faire voir. Et dans lequel il va se  tenir pendant trois heures, comme un sujet… d’étude. Et cela suffira,  malgré sa préparation impeccable et ses prédispositions miraculeuses.  Après ça il lui « suffira » de s’enfermer dans sa manière de  pétrification et d’y rester le temps qu’il faut ; il ne dira plus rien  de ce qu’il est, de ce qu’il aurait pu offrir à la place de.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Seul (sur  les flots)</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Dans le  silence, les murmures, le brouhaha, il se tiendra prêt comme à la  première minute, pour ne pas succomber à la tentation de revenir au  mouvement. Il aura recours à des choses inimaginables et inutiles pour  faire passer le temps plus vite d’ici à la fin du cours. Il ne comptera  pas les secondes dans sa tête surtout ! Non, pour échapper aux repères  qu’il a lui même intégrés depuis toujours, concernant le temps d’une  heure, ou celui des dix minutes par exemple qu’il lui fallait pour se  rendre à pied à son atelier de taille de pierre à Nanterre (pendant six  ans) , il plongera et replongera tant qu’il le peut dans de vieux  souvenirs lointains et souvent gratifiants ou euphoriques. Il s’enivre à  l’envi, de tout ce qu’il peut faire parvenir jusqu’à lui, concentré et  maintenu dans un état de recueillement, de positif et de réjouissant,  tant qu’il sent la souffrance encore à distance. Il s’agit de remplir  impérativement de plus de temps, le temps qui n’est pas pénible. Et de  voler à une vitesse légèrement plus élevée que dans son état normal, et  maîtrisée, jusqu’aux dix ou quinze dernières minutes de la pose (de  trois quarts d’heure) qu’il gérera, s’il le faut, au forceps. Il pensera  aux gens qu’il aime et à l’instant d’après où il sera libre de pouvoir  les rejoindre –presque comme dans une autre vie. Parce que pour ce qui  est de là maintenant il est seul et il « en chie ». Combien de temps  dureront ces minutes ? A-t-on dépassé au moins les vingt cinq premières  minutes de ce dernier trois quarts d’heure ? Il préfère ne pas  demander ; parfois parce qu’il a peur de trahir son impatience ou sa  souffrance en parlant de sa voix à l’envers, presque inaudible du fond  de la cave qu’il a construite à sa gueule écrasée contre la moquette ;  la tête comme troisième point d’un triangle équilatéral sur le sol formé  avec ceux à la base de chacun des genoux. Parfois parce qu’il a repéré  une montre autour d’un poignet, qui au moins, pense-t-il, le renseignera  objectivement.<br />
Seul. Son potentiel mis en avant, et misé sur la table (ou l’estrade,  dans notre cas), il lui reste à assurer sa crédibilité. Seul il a décidé  de sa pose (aucun prof ni aucun élève ne lui impose réellement quoique  ce soit en général –à part la durée de la pose), seul il assume son  choix jusqu’au bout . C’est à dire que si tout se passe bien, il mène sa  barque comme sur un fleuve, en se laissant porter par le courant ; une  femme, un homme un peu à l’étroit sur son embarcation, le corps quelques  fois agité par des soubresauts, mais au fond, seulement soucieux et  impatient d’arriver à bon port. Le voyage n’est jamais très agréable,  mais parfois il se déroule plus aisément qu’on avait pensé au départ  (avec un peu d’appréhension). Et surtout il vous a permis de vous  éloigner de la berge, et des autres ; et vous ne regrettez pas de vous  être retrouvé seul avec vous-même, puisque vous avez fait pour vous-même  un choix qui vous a préservé des douleurs et des efforts en vain pour y  échapper. Vous vous aimez d’avoir réussi à prendre soin de vous à ce  point, tout en ayant réussi à donner satisfaction à l’assistance. Tout  le monde repart de très bonne humeur, un soir, un après midi comme  celui-là…</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Mauvais ¼  d&#8217;heure<br />
</strong></p>
<p style="text-align:justify;">D’autres  fois, cela se passe moins bien. Dix minutes, un quart d’heure après  avoir arrêté votre pose, vous vous rendez compte d’une dégradation  intempestive et prématurée de la situation ; la position initiale  choisie par vous s’annonce difficile à tenir. La courbe d’un dos dont on  a du mal à ralentir la course et qui s’accentue et pointe à l’endroit  où votre colonne vertébrale a tendance d’habitude à s’écraser sur elle  même, un talon dans le vide sous votre corps dont la quasi totalité du  poids se retrouve malencontreusement supportée par la pointe du pied ;  la tension du muscle du tibia péroné qui fait suite à ça, et la  compression sans fin du mollet, entraînant tout l’ensemble dans une  lutte sans répit pour le retour à un équilibre bafoué et perdu. Un écart  un peu trop présomptueux des jambes qui fera supporter aux muscles  adducteurs un étirement anormal –déraisonnablement long. Savoir prendre  une pose adéquate c’est penser à prendre en compte un maximum de  paramètres mêlés entre eux, soit inhérents aux nécessités de son  substratum, ou soit extérieurs à lui, et avoir éprouvé ces combinaisons à  l’élément essentiel ; le temps. S’il l’on est pas assez concentré ou  préparé, le voyage peut vite tourner à la débandade et à la déperdition…  Vous voilà sur votre barque, et qui prend l’eau à un ou plusieurs  endroits. Et tous les efforts que vous allez avoir à faire pour boucher  les trous ici, vous obligeront à  délaisser là un autre endroit ouvert  et troué de l’embarcation ; vous vous fatiguez à rétablir une situation  de départ, en vous agitant sur les bases que vous cherchez justement à  renforcer ou consolider. C’est quelques fois meurtri que l’on atteint  péniblement le moment de la plage de repos d’un quart d’heure. On pense  malgré tout, si c’est la première pause de  la séance, à demander un  morceau de fusain, ou une craie de couleur à quelqu’un dans la salle,  pour marquer sur le drap les repères qui vous permettront ou vous  obligeront à reprendre la pause maudite l’heure d’après, le plus  correctement et précisément possible. Vous êtes normalement  intransigeant avec vous-même et votre négligence envers vous-même. Le  modèle qui se retrouve prisonnier de cette fâcheuse situation où il est  ne pardonne pas à celui qui l’y a mis ; il fera payer le prix de ses  approximations ou de ses fanfaronnades à celui qui s’est pointé en début  de cours sans attention pour personne ou sans être passé au bistrot  pour avaler au moins un café. En continuant à faire jusqu’au bout ce que  lui et l’autre ont promis à leur public au début. Son expérience, son  professionnalisme le poussent quand même à certains petits ajustements,  qu’il réalise tant qu’il le peut dans le temps qui lui est accordé ; il  se met alors à la recherche de tout ce qui pourra l’aider à supporter  sûrement la charge pondérale de sa grande carcasse et glisse alors  couvertures pliées dix fois ou cales de bois aux endroits où, d’elle  même, elle ne peut plus résister aux forces de la gravité. Il se rajoute  des points d’appui, en plus de ceux sur lesquels l’autre avait compté  au départ un peu à la légère. En espérant que ça lui permette de  retrouver la sérénité et le repos, et que le sens de la pose ne s’en  trouve pas changé.<br />
On peut aussi choisir d’avaler un analgésique, qui vous rendra moins  exposé à la douleur –momentanément, le temps de la séance de pose. Vous  êtes après coup libéré des désagréments d’un effort impossible, mal  calculé ; vous, pas votre corps.<br />
Il vous enverra la note dans quelques jours. A ce moment là, vous  pourrez en reparler et négocier tranquillement avec lui, chez vous,  allongé, dans un lit.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Limites et  dépassement</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Quelle  joie, vraiment, l’activité de modèle, envisagée sous cet angle ! A  partir de vos pires souvenirs des séances de pose longue et ratées. Je  vous dirai plus tard qu’il peut en être tout autrement. Mais aujourd’hui  je suis en prise, et aux prises avec ce corps là, dont j’ai pitié, dont  tout le monde a pitié lorsqu’il est aux abois. On s’en relève toujours,  bien sûr. Et il ne faut pas hésiter à galvauder une partie trop mal  engagée si cela risque de vous porter préjudice. Disons plutôt ; il ne  faut pas hésiter à avoir envie de galvauder une partie qui risque de mal  tourner, pour coller le mieux à votre réalité, qui exclut d’office  l’abandon pur et simple. Fierté mal placée peut-être ; et improductive ?  Je ne sais pas vraiment. Improductive oui, parce qu’elle s’oppose à la  vérité d’un corps qui, comme tous les autres, possède des limites et  qui, avec le temps fait encore et toujours l’expérience de sa finitude.  Il faut accepter de ne pas tout pouvoir faire avec son corps, oui  certes, mais aussi de ne pas pouvoir faire aussi facilement aujourd’hui  ce qu’on pouvait se permettre hier (et qui nous a coûté des forces et  valu des joies tout à la fois). Pourquoi se confronter et tendre vers ce  qui n’est pas à la portée d’un être vivant « normal » ?<br />
Improductive, non, dans un sens. L’intérêt d’un métier comme celui de  modèle vivant réside justement dans ce défi permanent qu’une femme ou un  homme se lance à soi au départ d’une séance de nu. Et il n’est excitant  que lorsque l’on accepte quelques fois de naviguer à la limite entre ce  qui nous est permis et ce qui ne l’est pas. C’est une façon d’apposer  les dispositions de son être sur celles de son corps. Donner une  ambition (esthétique, athlétique, pédagogique) à ce qui en soi n’en a  pas ; ou donner suite à des envies, des impulsions sur l’estrade qui ne  viennent pas d’une délibération consciente –du cerveau. En tant que  modèle, vous êtes une interaction continue, comme chacun de nous, mais  perçue de l’extérieur avant tout comme un objet (ce qui est plutôt  paradoxal et inhabituel pour un être humain dans la société). Dès  l’instant où vous avez choisi et pris votre pose, vous êtes arrêté – et  votre existence presque en suspens (à la manière de votre corps). Quoi  dire au-delà de ce que lui, donne à voir à ce moment là, et pourquoi ne  pas profiter de cette situation pour transmettre à l’autre qui regarde,  qui dessine, les bénéfices simples d’une situation si inédite et qui est  à la fois le langage d’une impossibilité et d’une force? Un corps qui  dit aussi bien ce qu’il est en montrant ce qu’il peut faire, que ce  qu’il ne peut pas faire.<br />
Le modèle est corps essentiellement parce qu’on lui interdit, de par sa  fonction, son utilité à ce moment là, d’être autre chose que ça ; et il  doit se vivre lui-même au rythme des prédispositions de ce qui lui sert  d’enveloppe. Cependant, cette intimité avec soi-même, cette solitude  vous ouvre parfois des perspectives exceptionnelles et qui contribuent  peut-être plus que tout le reste au plaisir que je prends à exercer ce  métier.<br />
&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-<br />
Mais le modèle se retrouve vraiment dans tout ce qu’il a de meilleur à  donner lors d’une séance de poses variées et plus courtes – quand il  s’arrête pour moins longtemps, il en profite pour se jeter sur toutes  les moindres opportunités de faire entendre ce dialogue qui  toujours  s’instaure entre lui et lui, et pour le bonheur de tous les silences  alentour.</p>
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		<title>In naturalibus ou de la nudité de soi</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Mar 2010 16:36:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>comba2008</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Bien qu&#8217;incontournable dans l&#8217;histoire de l&#8217;art,  beau et respectable par les qualités qu&#8217;il requiert et inspire,  le métier de modèle vivant est méconnu et n&#8217;a généralement pas la considération qu&#8217;il mérite. A tel point que les modèles,  aujourd&#8217;hui,  sont contraints de revendiquer reconnaissance,  pour continuer à en vivre. Symbole originel,  la nudité de l&#8217;être est [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=comba2008.wordpress.com&amp;blog=6185869&amp;post=451&amp;subd=comba2008&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- @page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } --> <!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } --></p>
<blockquote><p><span style="color:#808080;"><span style="font-size:small;"><strong><em>Bien qu&#8217;incontournable dans l&#8217;histoire de l&#8217;art,  beau et respectable par les qualités qu&#8217;il requiert et inspire,  le métier de modèle vivant est méconnu et n&#8217;a généralement pas la considération qu&#8217;il mérite. A tel point que les modèles,  aujourd&#8217;hui,  sont contraints de revendiquer reconnaissance,  pour continuer à en vivre. Symbole originel,  la nudité de l&#8217;être est de plus en plus sous-estimée et dévoyée. La dimension holistique de ce témoignage peut être alors entendue comme un cri de ralliement à l&#8217;authenticité et la transparence&#8230;</em></strong></span></span></p></blockquote>
<h1 style="text-align:center;"><span style="color:#333333;"><span style="font-size:small;"><strong>NUDITÉ</strong></span></span></h1>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:Times New Roman,serif;"><span style="font-size:small;">Étant modèle vivant,  la nudité me confère une expérience si intime et si belle,  que j&#8217;ai à cœur de partager ce qu&#8217;elle suscite de plus beau à mon regard.</span></span></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:Times New Roman,serif;"><span style="font-size:small;">Poser corps et âme est un yoga à part entière.  Immobile,  silencieux,  je Respire la question d&#8217;être Là,  du plus proche au plus loin qu&#8217;il me soit donné. Pour ma plus grande joie,  je suis au cœur d&#8217;une œuvre protéiforme,  dont le processus sans limite est une alchimie,  où l&#8217;observé,  l&#8217;observateur,  et l&#8217;acte créateur  sont Unité. </span></span></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:Times New Roman,serif;"><span style="font-size:small;">L&#8217;immanence de l&#8217;amour dans la nudité est universelle pour tout un chacun. Se reconnaître et se sentir en résonance avec ce en quoi nous renvoie ce mot,  Nudité,  est naturel.    Elle est le miroir cathartique de toute humanité,  dont l&#8217;immédiate beauté,  met à nu tous les habits du paraître&#8230;</span></span></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:Times New Roman,serif;"><span style="font-size:small;">En son expression de cœur,  la présence n&#8217;a pas de prix,  et sans passion, l&#8217;exercice du modèle ne peut perdurer. Dans un monde où l&#8217;avoir compte plus que l&#8217;être,  il est important que les décideurs de nos conditions de travail,  de statut et de salaire,  prennent en compte notre nécessité sociale,  en tant qu&#8217;artiste et coenseignant à part entière,  et en tant que ce que nous représentons et rappelons de la réalité du &#8220;vivant&#8221; et de la nature humaine. </span></span></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:Times New Roman,serif;"><span style="font-size:small;">Il n&#8217;est guère possible d’être à l&#8217;aise et de donner le meilleur de soi,  sans les outils et les conditions de travail qui correspondent à ce métier. Entendez-nous bien,  décideurs,  responsables et professeurs,  il s&#8217;agit ici de respect et de considération élémentaire,  que d&#8217;avoir chauffages adéquats,  tapis,  blocs de mousse &#8230;  et lieu pour nos affaires. </span></span></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:Times New Roman,serif;"><span style="font-size:small;">Dans bien des cas,  il est malheureux et déplorable que l&#8217;outil fasse aussi partie de nos revendications.  Bien que nous ne manquons pas de bonne volonté et d&#8217;adaptabilité,  moins on a,  moins on peut donner. La nudité est sacrée,  délicate et sensible.  Sans l&#8217;enveloppe du vêtement, un besoin accru d&#8217;égard et de prévenance respectueuse lui sont nécessaires.</span></span></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:Times New Roman,serif;"><span style="font-size:small;">Quelle que soit la nature de sa manifestation,  la nudité est une et infinie. Là où se contemple et se réfléchit la lumière,  là où l&#8217;essentielle et primitive beauté est nourriture pour l&#8217;âme,  l&#8217;émerveillement se fait jour.</span></span></span></p>
<blockquote><p><span style="color:#808080;"><span style="font-size:small;"><strong><em>&#8220;  Entre ombre et lumière,  la magie est à l&#8217;œuvre.</em> <em>Ivre d&#8217;ineffables poésies,  l&#8217;Esprit Nu prend corps sur les vierges étendues. Vivant,  vibrant de l&#8217;indomptable frémissement,  il reçoit,  tressaillant,  le baiser de l&#8217;anima &#8220;</em></strong></span></span></p></blockquote>
<p style="text-align:right;"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:Times New Roman,serif;"><span style="font-size:small;"><strong>Jean,  danseur de l&#8217;immobile à l&#8217; ESBA de Toulouse.</strong></span></span></span></p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/comba2008.wordpress.com/451/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/comba2008.wordpress.com/451/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/comba2008.wordpress.com/451/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/comba2008.wordpress.com/451/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/comba2008.wordpress.com/451/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/comba2008.wordpress.com/451/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/comba2008.wordpress.com/451/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/comba2008.wordpress.com/451/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/comba2008.wordpress.com/451/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/comba2008.wordpress.com/451/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/comba2008.wordpress.com/451/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/comba2008.wordpress.com/451/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/comba2008.wordpress.com/451/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/comba2008.wordpress.com/451/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=comba2008.wordpress.com&amp;blog=6185869&amp;post=451&amp;subd=comba2008&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>&#8220;J’ai testé : poser nu dans une école d’Art&#8221;, France 2, mercredi 24 mars à 15h15</title>
		<link>http://comba2008.wordpress.com/2010/03/12/reportage-france-2-mercredi-24-mars-a-15h15/</link>
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		<pubDate>Fri, 12 Mar 2010 13:39:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>comba2008</dc:creator>
				<category><![CDATA[Etre modèle : témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[Evénements, happenings, manifestations]]></category>
		<category><![CDATA[Images]]></category>
		<category><![CDATA[métier]]></category>
		<category><![CDATA[modèle nu]]></category>
		<category><![CDATA[modèle vivant]]></category>
		<category><![CDATA[modèles]]></category>

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		<description><![CDATA[Un reportage sur le modèle (en atelier)  diffusé mercredi 24 mars 2010, à 15h15 sur France 2, dans l&#8217;émission &#8220;Comment ça va bien ?&#8221; de Stéphane Bern (Rubrique Le Quotidien) Voir la vidéo<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=comba2008.wordpress.com&amp;blog=6185869&amp;post=383&amp;subd=comba2008&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Un reportage sur le modèle</strong> (en atelier)  diffusé mercredi 24 mars 2010, à 15h15 sur France 2, dans l&#8217;émission &#8220;Comment ça va bien ?&#8221; de Stéphane Bern (Rubrique <em>Le Quotidien</em>)</p>
<p><a href="http://programmes.france2.fr/comment-ca-va-bien/?page=article&amp;id_article=722">Voir la vidéo</a></p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/comba2008.wordpress.com/383/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/comba2008.wordpress.com/383/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/comba2008.wordpress.com/383/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/comba2008.wordpress.com/383/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/comba2008.wordpress.com/383/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/comba2008.wordpress.com/383/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/comba2008.wordpress.com/383/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/comba2008.wordpress.com/383/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/comba2008.wordpress.com/383/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/comba2008.wordpress.com/383/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/comba2008.wordpress.com/383/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/comba2008.wordpress.com/383/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/comba2008.wordpress.com/383/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/comba2008.wordpress.com/383/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=comba2008.wordpress.com&amp;blog=6185869&amp;post=383&amp;subd=comba2008&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Clôture de la pétition de soutien: près de 1230 signatures</title>
		<link>http://comba2008.wordpress.com/2010/02/18/cloture-de-la-petition-de-soutien-pres-de-1230-signatures/</link>
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		<pubDate>Thu, 18 Feb 2010 11:56:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>comba2008</dc:creator>
				<category><![CDATA[Revendications]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages de soutien]]></category>
		<category><![CDATA[pétition]]></category>

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		<description><![CDATA[CoMBA a fait signer la pétition de soutien aux revendications des modèles des beaux-arts, durant les 6 premiers mois de 2009. Le corps enseignant de l&#8217;école et les élèves des cours avec modèle vivant ont massivement exprimé leur soutien. Le 27 janvier 2010, l&#8217;intégralité des pétitions a été adressée à Frédéric Mitterrand, ministre de la [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=comba2008.wordpress.com&amp;blog=6185869&amp;post=369&amp;subd=comba2008&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>CoMBA a fait signer la pétition de soutien aux revendications des modèles des beaux-arts, durant les 6 premiers mois de 2009. Le corps enseignant de l&#8217;école et les élèves des cours avec modèle vivant ont massivement exprimé leur soutien.</p>
<p>Le 27 janvier 2010, l&#8217;intégralité des pétitions a été adressée à Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture, accompagnée d&#8217;une lettre demandant un rendez-vous et la poursuite de la démarche engagée auprès de ses services en <a href="http://comba2008.wordpress.com/2009/06/25/monsieur-le-nouveau-ministre-noubliez-pas-les-modeles/">juin 2009</a>.</p>
<p>CoMBA remercie chaleureusement les 1229 signataires dont le soutien exprime un grand respect envers le travail des modèles, par les personnes qui les côtoient au quotidien, et invite en haut lieu à agir rapidement.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/comba2008.wordpress.com/369/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/comba2008.wordpress.com/369/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/comba2008.wordpress.com/369/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/comba2008.wordpress.com/369/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/comba2008.wordpress.com/369/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/comba2008.wordpress.com/369/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/comba2008.wordpress.com/369/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/comba2008.wordpress.com/369/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/comba2008.wordpress.com/369/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/comba2008.wordpress.com/369/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/comba2008.wordpress.com/369/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/comba2008.wordpress.com/369/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/comba2008.wordpress.com/369/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/comba2008.wordpress.com/369/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=comba2008.wordpress.com&amp;blog=6185869&amp;post=369&amp;subd=comba2008&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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	</item>
		<item>
		<title>Monsieur le (nouveau) Ministre, n&#8217;oubliez pas les modèles !</title>
		<link>http://comba2008.wordpress.com/2009/06/25/monsieur-le-nouveau-ministre-noubliez-pas-les-modeles/</link>
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		<pubDate>Thu, 25 Jun 2009 08:54:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>comba2008</dc:creator>
				<category><![CDATA[Evénements, happenings, manifestations]]></category>
		<category><![CDATA[Tracts]]></category>

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		<description><![CDATA[Jeudi 25 juin 2009 :  tract distribué à l&#8217;occasion de la manifestation au Ministère de la culture, accueillant notre nouveau ministre, Frédéric Mitterrand. [ Version pdf en téléchargement altruiste et autorisé ] _______________________ MODÈLE D&#8217;ART PLASTIQUE ? PAS UN MODÈLE DE STATUT SOCIAL ! Depuis de longs mois maintenant, les modèles d&#8217;art plastique luttent pour [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=comba2008.wordpress.com&amp;blog=6185869&amp;post=346&amp;subd=comba2008&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Jeudi 25 juin 2009 :  tract distribué à l&#8217;occasion de la manifestation au Ministère de la culture, accueillant notre nouveau ministre, Frédéric Mitterrand.</p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://comba2008.files.wordpress.com/2009/06/tract_090625.pdf">[ Version pdf en téléchargement altruiste et autorisé ]</a></p>
<p style="text-align:justify;padding-left:30px;"><span style="color:#888888;">_______________________</span></p>
<p style="text-align:justify;padding-left:30px;"><span style="color:#808080;"><strong>MODÈLE D&#8217;ART PLASTIQUE ?<br />
PAS UN MODÈLE DE STATUT SOCIAL !</strong></span></p>
<p style="text-align:justify;padding-left:30px;"><span style="color:#808080;"><br />
</span>Depuis de longs mois maintenant, les modèles d&#8217;art plastique luttent pour obtenir de dignes conditions sociales, tandis que l&#8217;Ecole nationale supérieure des beaux-arts et le ministère se renvoient la balle, sans avancer de proposition concrète&#8230;<br />
. Indispensables à l&#8217;enseignement dans les ateliers et écoles d&#8217;art, les modèles sont <span style="color:#808080;">p<strong>ayés moins de 11 euros nets de l&#8217;heure à l&#8217;ENSBA</strong></span>.<br />
<span style="color:#808080;"><strong>-&gt; Nous demandons le doublement de cette rémunération</strong></span>, alignée sur la grille des assistants d&#8217;enseignement, et non plus celle de personnels administratifs qui ne correspond pas à la réalité de notre travail.<br />
. Vacataires, mais attachés à ce qu&#8217;il nous faut reconnaître comme un véritable métier, ils oeuvrent dans une précarité absolue.<br />
<span style="color:#808080;"><strong>-&gt; Une réflexion doit être engagée au plus vite afin d&#8217;aboutir à la mise en place d&#8217;une pratique réduisant la précarité des modèles</strong></span><strong>,</strong> tant aux Beaux-arts que parmi leurs divers employeurs.</p>
<p style="text-align:justify;padding-left:30px;">Lors d&#8217;une entrevue récente avec des représentants du syndicat SUD-Culture, Madame la conseillère sociale auprès de Madame Albanel admettait qu&#8217;il convenait<br />
d&#8217;organiser un rendez-vous spécifique sur la question des modèles.</p>
<p style="padding-left:60px;text-align:justify;"><strong><span style="color:#808080;">Nous avions eu le 14 mai dernier l&#8217;occasion de remettre en mains propres notre tract à Monsieur Frédéric Mitterrand&#8230;<br />
</span></strong></p>
<p style="padding-left:60px;text-align:justify;"><strong><span style="color:#808080;">C&#8217;est pourquoi nous insistons aujourd&#8217;hui : Monsieur le Ministre, ne laissez pas tomber les modèles, et faites en sorte qu&#8217;enfin s&#8217;ouvre la porte de véritables négociations !</span></strong></p>
<p style="text-align:right;padding-left:30px;">Paris, le 25 juin 2009<br />
CoMBA, collectif des modèles de l&#8217;ENSBA,<br />
Section SUD-Culture de l&#8217;Ensba</p>
<p style="text-align:justify;padding-left:30px;">http://comba2008.wordpress.com/</p>
<p style="text-align:right;padding-left:30px;"><span style="color:#888888;">_______________________</span></p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/comba2008.wordpress.com/346/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/comba2008.wordpress.com/346/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/comba2008.wordpress.com/346/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/comba2008.wordpress.com/346/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/comba2008.wordpress.com/346/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/comba2008.wordpress.com/346/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/comba2008.wordpress.com/346/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/comba2008.wordpress.com/346/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/comba2008.wordpress.com/346/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/comba2008.wordpress.com/346/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/comba2008.wordpress.com/346/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/comba2008.wordpress.com/346/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/comba2008.wordpress.com/346/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/comba2008.wordpress.com/346/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=comba2008.wordpress.com&amp;blog=6185869&amp;post=346&amp;subd=comba2008&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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